[Verse 1]
Nous avons tracé un cercle dans le néant,
Et nous lui avons donné sa loi.
Nous avons compté les étoiles du firmament,
Mais jamais nous, ni toi ni moi.
Nous avons inventé le zéro, l'infini,
Et les nombres qui ne finissent pas.
Nous avons appris à tout partager,
Sans comprendre ce qui nous revient de droit.
[Chorus]
Berceau, berceau,
Berce-nous encore !
La raison est née,
Mais elle a perdu le nord.
Berceau, berceau,
Ne cesse jamais de nous bercer !
Nous avons tout appris du monde,
Sauf comment être humains.
[Verse 2]
Nous avons peint la beauté,
Puis nous l'avons mise au mur.
Nous avons écrit la liberté,
Puis l'avons enfermée entre quatre murs.
Nous avons composé des symphonies,
Où chaque note pouvait chanter.
Puis nous avons construit des machines,
Capables de les faire taire à jamais.
[Chorus]
Berceau, berceau,
Berce-nous encore !
La raison est née,
Mais elle a perdu le nord.
Berceau, berceau,
Ne cesse jamais de nous bercer !
Nous avons tout appris du monde,
Sauf comment être humains.
[Verse 3]
Nous avons mesuré la vitesse de la lumière,
Et donné un nom à l'obscurité.
Nous avons prouvé que la Terre tourne,
Mais l'homme, lui, n'a pas changé.
Nous avons élevé la raison sur un trône,
Et nous l'avons couronnée roi.
Puis nous avons brûlé sa couronne,
Et nous nous sommes proclamés libres, cette fois.
[Chorus]
Berceau, berceau,
Berce-nous encore !
La raison est née,
Mais elle a perdu le nord.
Berceau, berceau,
Ne cesse jamais de nous bercer !
Nous avons tout appris du monde,
Sauf comment être humains.
Et quand le dernier musée sera en ruines,
Quand le dernier tableau tombera,
L'un fera de la laideur des ruines un art,
L'autre y trouvera de la beauté.
Berceau, berceau,
Tu te balances doucement.
La civilisation n'est pas morte de vieillesse.
Laisse l'Europe en être l'enfant.